Page:Jarret - Contes d’hier, 1918.djvu/111

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
103
LE VOYAGE BLANC

— Ce n’est pas par méchanceté, dit-elle, mais je le répète, c’est impossible pour nous. Je sais bien que ce serait une grosse économie…

M. Clément se fâcha :

— Au diable l’économie, fit-il. Quand je vous dis que c’est là un petit détail. Je voulais vous confier Annette parce qu’elle n’a pas de mère, et que vous êtes la sœur de sa mère, voyons ! Mais vous ne voulez pas ? N’en parlons plus ! De grâce, n’en parlons plus ! répéta-t-il exaspéré, en voyant que sa belle-sœur ouvrait la bouche.

Grand’mère s’approcha :

— Laissez-moi vous dire un mot, Clément, implora-t-elle. Il m’en coûte de blâmer ma fille, je n’ai pas l’habitude de le faire. Mais laissez-moi vous dire que je regrette. Et si je n’étais pas à rentes, c’est moi qui me chargerais de votre fille, et j’en ferais… une autre Marie… C’est bien ce que vous vouliez ?…

· · · · · · · · · · · ·

La vieille traîne se remit à fuir, toute basse, avec ses quatre bâtons grêles sur le Chemin du roi.