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LE PREMIER CONTE

cription du soleil couchant qui l’aurait tentée, alors elle résolut de parler du soleil levant. La nouvelle commença de s’écrire toute seule, en elle, irrésistiblement. Elle voyait de grands bouts de phrases qui lui semblaient fort corrects ; le reste se présentait surtout en images et en sensations. Elle essayait de bien saisir ces dernières, de les dompter. Comme c’était beau, comme c’était aimable à penser ! Quel charmant labeur ! Elle parlerait d’un pique-nique auquel prendrait part toute la famille : on irait dîner sur la montagne. Il aurait plu la veille et les feuilles auraient gardé des gouttes de la rosée du ciel, mais le sable ne colle pas aux pieds, comme la terre ordinaire, ainsi ce serait très bien. L’incident malheureux un petit frère, Raymond, laisse le dîner pour poursuivre un papillon, il ne voit pas un trou rempli d’eau vaseuse et tombe dedans. L’incident heureux : papa, qui travaillait à la ville, se trouve en congé et vient rejoindre les siens jusque sur la montagne.

On était en juin, il faisait beau et chaud, alors Mère déclara que l’après-midi entière serait consacrée à la composition de la nouvelle et demanda