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APRÈS LA FAUTE

— Quelle preuve demandez-vous ?

Elle songea, les yeux agrandis par la pensée.

— Arrêtez-vous encore le soir, dit-elle. Tous les soirs, et soyez patient. Un jour, je vous dirai que tout est oublié et que j’ai confiance. J’ai besoin de cette preuve.

— Et c’est tout, questionna-t-il ? Oh ! je serai fidèle, ne craignez pas. Peut-être que vous ne me ferez pas de façons ? N’importe, je me dirai que c’est de ma faute, et il me suffira de vous avoir vue pour être content.

Le lendemain soir, en effet, Dominique était là, avant que la Louise elle-même ne fût rendue. Elle n’eut pas peur, mais elle répondit sèchement à son bonsoir et rentra presque aussitôt. Elle fit de même le surlendemain. Le troisième jour, comme il pleuvait, elle ne sortit pas, mais par les vitres de la porte, elle distingua Dominique près de l’arbre. Il pleuvait encore le quatrième jour, et comme la veille, la jeune fille aperçut Dominique qui l’attendait, stoïque. Elle aurait bien pu entr’ouvrir la porte et lui faire au moins signe qu’il avait été reconnu ; à vrai dire cette idée lui vint un instant, mais elle passa outre, et tandis qu’elle