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APRÈS LA FAUTE

Malheureusement, le lendemain soir, Dominique manqua au rendez-vous. — « Serait-il choqué ? », s’inquiéta de nouveau la Louise. Et elle espéra pour le soir suivant. Personne encore ! Un peu nerveuse, elle résolut d’attendre au dimanche : ils se rencontraient toujours sur le perron de l’église ; en deux mots, elle saurait s’expliquer. Hélas ! Dominique resta invisible tout le dimanche. Ne sachant que penser, la Louise imagina qu’on voulait lui rendre œil pour œil, et la faire souffrir à son tour pendant sept jours. Elle se mit à compter : un jour, deux jours… Le huitième passa comme les autres… Et bien d’autres après celui-ci, monotones et interminables.

Cependant, les parents de la Louise qui ne savaient rien, s’inquiétaient de la voir triste maintenant, et toute changée après ses nuits de mauvais sommeil. — « Il y a quelque chose qui ne va pas, se disaient-ils. Elle est malade ou bien elle s’ennuie. Quel dommage ! Elle paraissait si heureuse avec nous… » Un dimanche après-midi, comme ils étaient seuls, ils en parlèrent plus librement encore. Ce fut le vieux père qui commença :

— La Louise doit être malade, dit-il.