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LE SECRET DE JEANNINE

telle quantité de petits trous d’usure à son beau voile.

Dans l’église, elle ne sortit pas de son extase. Avant de prendre place dans leur banc, sa maman la mena voir l’Enfant-Jésus, si beau, tout frisé et qui souriait en tendant ses petits bras roses. La sainte Vierge sa mère, et aussi saint Joseph, étaient descendus du ciel avec lui ; il y avait en outre l’âne et le bœuf qui l’avaient réchauffé de leur souffle humide, quand il grelottait dans l’étable de Bethléem, pauvre petit Jésus ! Maintenant il ne sent plus le froid, c’est certain. Il y avait là, il est vrai, au moins une douzaine de lampions de toutes couleurs, et au fond, en arrière de saint Joseph, une ampoule électrique, mais tout cela fournissait très peu de chaleur, et croiriez-vous qu’il n’avait qu’une petite robe de mousseline courte et sans manches ?

L’église s’était emplie peu à peu, l’orgue faisait entendre sa grande voix, la messe commençait. Jeannine vit les Célébrants, dans leurs habits d’or qui se promenaient devant l’autel éblouissant de lumière, et qui parlaient, et qui bénissaient, et qui priaient à genoux. L’encens fumait en embau-