Page:Jevons - La monnaie et le mécanisme de l’échange.djvu/277

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de leurs fluctuations les unes par rapport aux autres, et alors la moyenne géométrique des proportions dans lesquelles leurs prix en or auraient varié, se calculerait par les logarithmes. C’est la méthode que j’ai employée dans ma brochure sur Une grande baisse dans la valeur de l’or, etc., et dans le travail sur les Variations des prix depuis 1782, que j’ai cités plus haut (p. 266). Une méthode asses semblable avait été employée auparavant par M. Newmarch. Dans l’Histoire et la Revue annuelle du Commerce, que publie le journal l’Économist, on a vu pendant plusieurs années, une table qui contenait le Nombre total indicateur des prix, c’est-à-dire la somme arithmétique des nombres exprimant les rapports qui existaient entre le prix d’un grand nombre de marchandises et les prix moyens de ces mêmes marchandises dans les années 1845 à 1850. Quelle que fût la méthode adoptée, les résultats seraient meilleurs que si l’on continuait à reconnaître un seul métal pour étalon, ainsi que nous le faisons aujourd’hui.

L’espace dont je dispose ne me permet pas d’exposer complètement les avantages qui résulteraient pour la nation de l’établissement d’une table régulatrice de la valeur ou table étalon. Une table de ce genre donnerait aux relations sociales une stabilité toute nouvelle, garantirait les revenus fixes des individus et des institutions publiques contre la dépréciation qu’ils ont souvent subie. D’autre part, la spéculation, qui repose sur les oscillations fréquentes des prix, et qui trouve tant de marge dans l’état actuel du commerce, serait jusqu’à un certain point découragée. Les calculs des commerçants seraient moins souvent déjoués par des causes indépendantes de leur volonté et impossibles à prévoir ; une foule de banqueroutes seraient prévenues. Sans doute on verrait encore de temps en temps des affaissements périodiques du crédit ; mais, comme les obligations des débiteurs diminueraient à peu près dans les mêmes proportions, l’intensité des crises serait affaiblie.