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mémoire sur l’atlantide.

Il nous reste maintenant à examiner le système de ce dernier. Il pense que l’ancienne Atlantide était formée par la chaîne du mont Atlas[1]. Ce système paraît offrir encore plus de probabilités que celui de Tournefort et une conformité plus grande aux traditions de l’antiquité. Je vois par là une île ou presqu’île dans l’Atlantide, surtout en admettant la supposition de l’auteur que le Sahara formait une mer qui entourait l’Atlas vers l’orient et le midi et se joignait peut-être à l’Océan vers le cap Nun. Je vois ces côtes occidentales baignées par une autre mer qui, de la montagne d’Atlas et de l’île qu’elle bornait, a pris le nom d’Atlantique. Je vois son étendue répondre à peu près à celle que lui donne Platon. Je la vois longer la Méditerranée, ses limites se rapprocher beaucoup de la Libye, et donner à ses habitants la facilité d’attaquer l’Égypte et la Grèce. Mais là, cessent les rapports avec les traditions antiques. Je ne vois pas l’Atlantide placée par rapport à la Grèce vers les colonnes d’Hercule qu’elle ne touchait que par sa partie la plus éloignée, et je n’y vois pas les vestiges de cette catastrophe qui a dû la faire disparaître en grande partie. Car ce que dit Aly-Bey[2] des terres submergées dans l’espace formé par les deux Syrtes, quoique vrai, ne peut avoir pour cause les tremblements de terre, ni les feux souterrains, puisqu’aucun indice volcanique ne se trouve dans ces parages. On doit attribuer uniquement la submersion de cette partie de la côte, à la rupture du Bosphore, dont nous parlerons bientôt, rupture qui, remplissant la Méditerranée des eaux de l’Asie centrale qu’elle a laissé écouler, força cette mer à élever ses flots et à submerger au loin ses rivages.

Voilà donc exposés tous les différents systèmes qu’a enfantés cette grande question de l’Atlantide, leur plus ou moins

  1. Voyages, t.1, ch. 19.
  2. Voyages, t.1, ch. 19.