Page:Joseph Anglade - Grammaire élémentaire de l'ancien français.djvu/22

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ne se maintiennent que si la syllabe contient un a ou si le groupe de consonnes était imprononçable.

Ex. :

  • cére-vísiam > cervoise ;
  • *móne-stérium (lat. cl. móna-stérium) > moustier ;
  • *vérvi-cárium > berger.

Mais avec a :

  • cánta-tórem > chante-or (plus tard chanteur) ;
  • impéra-tárem > empere-dor, empereur ;
  • sácra-méntum > a. fr. saire-ment, serment ;
  • árma-túram > arme-üre, armure.

Avec un groupe de consonnes difficiles à prononcer :

  • *quádri-fúrcum > carrefour ;
  • látro-cínium > ladre-cin, larre-cin, larcin ;
  • *cápri-fólium > chèvrefeuil ;
  • *pétro-sílium > pedresil, persil.


Vocalisme

Voyelles toniques ou accentuées

Le changement des voyelles dépend principalement de l’accent. Certaines voyelles toniques se sont diphtonguées en passant du latin au français ; les voyelles atones non, sauf dans des cas d’analogie.

Deux consonnes exercent une grande influence sur les voyelles avec lesquelles elles sont en contact : n et surtout la semi-voyelle y (appelée yod).

Les règles phonétiques ou plutôt les lois sont rigoureuses ; les nombreuses exceptions apparentes s’expliquent par des faits d’analogie, d’emprunts à d’autres langues, etc.