Page:Joseph Anglade - Grammaire élémentaire de l'ancien français.djvu/70

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Ex. : insimul, insim’l > ensemble ; humilem, hum’lem > humble ; cumulare > combler ; *tremulare > trembler ; numerum, num’rum > nombre ; *cameram > chambre ; Cameracum > Cambrai ; rememorare, remem’rare > remembrer.


M entre deux consonnes disparaît.

Ex. : dormis > dors (le radical verbal dorm- reparaît dans dorm-ons, dorm-ez, etc.) ; dorm(i)torium > dortoir ; Firmitatem, Firm’tatem > (La) Ferté ; vermis > vers (cas sujet ; cas régime verm, ver).


M devenue finale en français s’écrit tantôt n, tantôt m. Ex. : aeramen > airain ; famem > faim ; examen > essaim ; *racīmum (lat. cl. racĕmum) > raisin.


N initiale se maintient. Nez, net, nom, nain.

Cependant (u)nicornam a donné par dissimilation licorne et non nicorne.


N à l’intérieur d’un mot, après l’accent et après les consonnes p, f, d, t, c, g passe à r.


Ex. :

  • tympanum > timbre ;
  • *cofinum > coffre ;
  • Londinos > Londres ;
  • diaconum > diacre ;
  • Lingones > Langres ;
  • pampinum > pampre.


N intervocalique reste.


Ex. :

  • lanam > laine ;
  • lunam > lune ;
  • donare > doner[1] ;
  • bonam > bone (bonne).
  1. On prononçait don-ner, bon-ne jusqu’au xvie siècle. La graphie avec deux n est due à cette prononciation.