Page:Joseph Anglade - Grammaire élémentaire de l'ancien français.djvu/81

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La diphtongue au se prononçait aou (et non comme aujourd’hui o).


Ei, prononcé avec e fermé, devient oi vers le milieu du xie siècle.


Oi[1] se prononce óï au début du xiie siècle : au xiiie siècle il devient , plus tard oué, et enfin oua dans la langue moderne.


Ou[2] se prononçait óou dans des mots comme pout < potuit, sout < sapuit, out < habuit, pou < paucum, rou < raucum ; dous < duos, sour < super, etc.


Ue, provenant de o ouvert, comme dans nuef < nǫ́vem et nǫ́vum, buef < bǫ́vem, prueve < prǫbat, se prononçait üé : cette diphtongue est devenue eu (œ) à partir du xiiie siècle.

Voyelles nasales

Les principales voyelles nasales sont an prononcé comme aujourd’hui, en, in et on.


En se prononçait à l’origine comme en dans moyen; mais à l’époque de la Chanson de Roland (fin du xie siècle) en assonait avec an.


In se prononçait avec un i et non comme aujourd’hui, où nous prononçons fin comme moyen et plein avec un e. Ainsi dans la Chanson de Roland on trouve, dans la même laisse, pin, enclin, ling (lignage, origine) assonant avec merci, oubli.


On se prononçait comme aujourd’hui. Mais de plus

  1. On distinguait au début oi avec o ouvert de oi avec o fermé : a partir du xiiie siècle les deux diphtongues ont donné .
  2. Ici aussi on distinguait un o ouvert ot un o fermé.