Page:Joseph Anténor Firmin - M. Roosevelt, président des États-Unis et la République d'Haïti, 1905.djvu/6

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Préface


complu, peut-être trop longuement, à faire dérouler cette histoire, dans ses grandes lignes sociologiques, aux yeux et à l’esprit de mes concitoyens. Je ne veux point le dissimuler : il y a eu dans mon choix d’un tel plan non seulement le besoin de faire connaître ce qu’est l’Américain, en montrant d’oti il vient, mais aussi le désir de faire saisir comment un peuple se rend digne de la liberté et de l’égalité, en y mettant une énergie constante à conquérir l’une et l’autre, sous l’empire d’une raison éclairée, y voyant la source de tout bien-être social et de tout progrès. J’avoue qu’en me plongeant dans cette atmosphère saine et vivifiante de l’histoire américaine, j’ai eu plus d’une émotion patriotique capable de régénérer l’esprit le moins susceptible d’impulsions libérales ; et je souhaite de tout mon cœur et de toute mon âme que la même impression se produise sur mes lecteurs haïtiens, à qui va tout naturellement ma pensée de patriote.

Haïti, toute modeste et reprochable qu’elle est, vaut sans doute mieux que le dédain gratuit et les calomnies grossières dont elle est si souvent l’objet. J’ai fait mes efforts pour la montrer telle qu’elle est, dans son incomparable beauté, dans ses incontestables ressources, dans sa sérieuse valeur géographique, au point de vue des intérêts américains dans le canal de Panama, et dans la vitalité de son jeune peuple. Ai-je réussi ? Je l’ignore ; mais combien ne serais-je pas heureux de penser que l’attention du monde civilisé pourrait être tournée vers mon pays dans une attitude de considération et de sympathie qu’il mérite à tant de titres !