Page:Joseph Reinach - Histoire de l’Affaire Dreyfus, La Revue Blanche, 1901, Tome 1.djvu/150

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Un peu plus tard, comme Dreyfus n’arrivait pas, D’Aboville s’inquiéta. Le traître aurait-il été prévenu ? aurait-il pris la fuite ? « C’est ce qu’il y aurait de mieux ! » Puis, nerveux, ne comprenant rien à ce retard, D’Aboville se rendit au ministère pour voir ce qui s’y passait.

Il était à peine parti qu’Henry arriva avec Dreyfus dans le fiacre qui les avait amenés du ministère de la Guerre. Un agent de la Sûreté les accompagnait. Henry remit à Forzinetti l’ordre d’écrou, daté du 14, signé de la main même de Mercier. Dreyfus fut fouillé de nouveau, puis conduit par l’agent principal dans la pièce qui lui avait été affectée.

Forzinetti avait regardé attentivement Dreyfus et Henry, celui-là pâle et roidi, celui-ci congestionné, tout son sang au visage. Il eut l’impression qu’Henry, si on lui avait coupé les moustaches, aurait eu la tête d’un forçat.

Peu après, D’Aboville revint. Il réitéra l’ordre formel de ne point aviser le général Saussier.

VII

À la même heure (midi), Du Paty se présentait avec Cochefert et Gribelin au domicile de Dreyfus. Informée de leur venue, Mme Dreyfus les fait prier d’attendre le retour de son mari. Ils insistent auprès de la domestique pour être reçus sans délai. Mme Dreyfus les reçoit. Du

    mission avec la restriction que vous y mettez : elle ne serait pas digne d’un officier. » Et le général ne maintint pas la condition. (Procès Doineau, Paris, 1852, à la Librairie Internationale, p. 258.)