Page:Joseph Reinach - Histoire de l’Affaire Dreyfus, La Revue Blanche, 1901, Tome 1.djvu/213

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CHAPITRE V

LA « LIBRE PAROLE »

I

Quand je publiai pour la première fois la lettre révélatrice d’Henry[1], Papillaud déclara « qu’elle n’avait eu pour lui, quand il la reçut, que la valeur d’une lettre anonyme, puisqu’il n’en connaissait pas le signataire[2]».

Étrange idée d’écrire à un inconnu : « Mon cher ami, je vous l’avais bien dit…! » Ce chiffon, Papillaud va le jeter au panier, surtout en l’absence de Drumont, caché à Bruxelles, dans son faux exil !

Au contraire, il tient la dénonciation pour exacte et rédige aussitôt cette note :

 Est-il vrai que, récemment, une arrestation fort importante ait été opérée par ordre de l’autorité militaire.
  1. Siècle du 2 avril 1899. — Tout le Crime, p. 123. — Papillaud avait donné une copie de cette lettre à l’un de ses amis qui, à son tour, la copia pour un rédacteur du Siècle.
  2. Libre Parole du 3 avril 1899. — « Pour une fois, Joseph Reinach n’a pas commis un faux ; j’ai montré cette lettre à tous ceux qui voulaient la voir. »