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JOURNAL DE MARIE LENÉRU

mais j’aimerais mieux aller à l’École normale. Je ne mérite même d’aller nulle part, car j’ai été très mauvaise aujourd’hui, car j’ai été gourmande, j’ai menti et je crois même avoir été peu gentille pour Carle.

J’espère que demain je serai meilleure, je veux être exem- plaire. Pourvu que mes bonnes résolutions soient exécutées :

jeudi 2 décembre.

Hier soir, après avoir dîné, Fernande et moi nous nous som- mes installées dans sa chambre pour causer; mais nous ne l’avons pas pu, car nous avons été dérangées tout le temps; alors nous sommes deseendues, mais maman m’a couchée, de sorte que nous ne nous sommes rien dit du tout.

Ce matin, j’ai été très paresseuse, maman m’avait dit de re- passer mes leçons et je n’ai repassé que ma leçon de grammaire, et, ce qu’il y a de pis encore, c’est que quand je suis descendue pour me faire coiffer, j’ai dit à maman que je savais très bien toutes mes leçons.

Donc, voilà : paresse et mensonge! Moi qui voulais tant être exemplaire. Je commence bien ma journée. Quand on pense qu’il n’est pas encore midi!

Ce matin, Madeleine Barrau est venue nous dire qu’elle passerait à I h. 1 /4 avec Mme Éarrau pour nous prendre pour aller avec elle à l’Agriculture. ‘

C’est demain que nous saurons si Tonton est au tableau; s’il n’y est pas, ce ne sera pas juste, car il l’a bien mérité.

Vendredi 3 décembre.

Hier, maman n’a pas voulu que je continue mon journal, aussi, comme je suis en retard, il faut que je me dépêche. Nous nous sommes bien amusées chez Alice: nous sommes arrivées les premières; pour aller à un endroit du jardin dont nous n’avions pas la clef, nous nous sommes enfoncées, Alice, Fer- nande, Madeleine et moi dans un fourré tellement épais que