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ANNÉE 1887

de même. Mais maman pourrait bien m’y mettre avec elle. Voilà tous les avantages que ça aurait : 1° rendre beaucoup de services ; 2° que maman pourra satisfaire l’envie qu’elle a d’y aller ; 3° et la mienne de pouvoir servir à quelque chose ; 4° de m’habituer à Voir du sang, à entendre les détonations et à ne pas servir à rien.

Les désavantages ? — Que ce serait très triste ; Il n’y en a pas d’autres. Il faut espérer cependant que la guerre ne viendra pas nous troubler, car, combien de gens mourraient ! Pourquoi vouloir toujours avoir tant de terrain que cela ? À quoi ça sert-il ?

Lundi 21 février.

Oh ! je me suis bien amusée aujourd’hui ! D’abord, en me levant, j’ai pris un bain de pieds, lorsque Fernande est arrivée avec tante Gabrielle et habillée en dame des pieds à la tête ! Moi, voyant cela, je me suis aussi déguisée avec une robe à maman et un jersey à tante Gabrielle, et nous sommes descendues chez Madame Vernhette avec Carle déguisé en bandit de l’Estramadure et avec un véritable poignard qui tue, me dit Fernande. De chez madame Vernhette, nous sommes montés chez madame Blanc, Didy était couchée avec une bronchite. Ayant fini nos visites, nous sommes redescendus et moi me laver, car dans ma précipitation, j’avais négligé mon lavabo. je finissais de me rhabiller, lorsque nous avons encore eu la visite de Fernande, qui vient nous dire que M. Gachon[1] était là. Et nous étions encore déguisés ; c’est pour le coup que j’ai été attrapée ! C’était à qui entrerait la dernière ! Mais nous n’avons pas eu de leçon de géographie, car on venait de décider que nous passerions la journée à Palavas, que nous partirions par le train d’une heure et que pour cela, il fallait déjeuner de suite.

  1. Professeur de l’Université de Montpellier, qui avait entrepris de faire aimer la géographie par ses petites amies Fernande et Marie.