Page:Journal de l’agriculture, juin 1766, T5, P3.djvu/29

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peuvent faire pour l’accroissement de leurs richesses & pour le bien général de la société, qui fait que la sûreté de la propriété foncière est une condition essentielle de l’ordre naturel du Gouvernement des Empires.

La politique a jadis établi comme fondement de la prospérité des Nations la force militaire ; delà tant de coutumes & tant de loix bisarres dans l’ordre des successions des biens fonds, & si peu d’attention à la sûreté de la propriété des richesses mobiliaires nécessaires pour la culture de ces biens. On n’a pas assez vu que le véritable fondement de la force militaire est la prospérité même de la Nation. Rome a sçu vaincre & subjuguer beaucoup de Nations, mais elle n’a pas sçu gouverner ; elle a spolié les richesses de l’agriculture des pays soumis à sa domination : dès lors sa force militaire a disparu, ses conquêtes qui l’avoient enrichie lui ont été enlevées ; & elle s’est trouvée livrée elle-même sans défense au pillage & aux violences de l’ennemi.