Page:Kant - Anthropologie.djvu/83

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72 de l'intelligence.

ce qui concerne l'impression purement sensible, la nouveauté des sensations rend chaque matin toutes les représentations des sens (pourvu d'ailleurs qu'ils ne soient pas malades) plus claires et plus vives qu'elles ne le sont d'habitude à l'approche de la nuit. c LE CHANGEMENT. La monotonie (la parfaite uniformité dans les sensations) finit par produire Y atonie (la lassitude de l'attention sur son état) et affaiblit la sensation. Lechan* gement la ravive. Un sermon débité tout entier sur le même ton, qu'il soit déclamé avec force ou d'une voix modérée, mais uniforme, provoque le sommeil dans toute l'assemblée. — Le travail et le repos, la vie de la cité et celle des champs, la conversation et le jeu dans une réunion, l'application solitaire de l'esprit tantôt à l'histoire, tantôt à la poésie, dans un temps à la philosophie, dans un autre aux mathématiques, fortifient l'esprit. C'est précisément la même force vitale qui excite la conscience des sensations ; mais leurs différents organes se relaient mutuellement dans leur action. C'est ainsi qu'il est plus facile de marcher pendant longtemps, parce que les muscles des membres inférieurs se reposent alternativement, que de rester debout à la même place, parce que cette espèce de station droite exige une tension sans relâche des muscles qui la produisent.—De là aussi l'attrait des voyages ; malheureusement pour les oisifs, les voyages