Page:Kant - Doctrine du droit.djvu/17

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(comme l’arbitre) que par rapport au principe qui détermine l’arbitre à l’action, et, à proprement parler, elle n’a point par elle-même de principe de détermination, mais elle se confond avec la raison pratique même, en tant que celle-ci est capable de déterminer l’arbitre.

On peut comprendre dans la volonté non-seulement l’arbitre, mais aussi le simple souhait, en tant que la raison est capable de déterminer en général la faculté de désirer. L’arbitre qui peut être déterminé par la raison pure, s’appelle le libre arbitre. Celui qui ne pourrait être déterminé que par une inclination (un mobile sensible, stimulus) serait un arbitre brutal (arbitrium brutum). L’arbitre humain est à la vérité affecté, je ne dis pas déterminé, par des mobiles sensibles ; et par conséquent par lui-même (abstraction faite de l’habitude qu’on peut acquérir de l’usage de la raison), il n’est pas pur ; mais il peut être déterminé à certaines actions par une volonté pure. La liberté de l’arbitre est cette indépendance de ses déterminations par rapport aux mobiles sensibles ; c’est là le concept négatif de la liberté. En voici le concept positif : la liberté est la faculté qu’a la raison pure d’être pratique par elle-même. Mais cette faculté n’est possible qu’autant que la maxime de toute action est soumise à la condition d’avoir la valeur d’une loi universelle. Car, comme raison pure, appliquée à l’arbitre, indépendamment de tout objet de cette faculté, ou comme source des principes (ici des principes pratiques, et par conséquent comme faculté législative), la matière de la loi lui manquant, elle ne peut ériger en loi suprême et en principe de détermination pour