Page:Kant - Doctrine du droit.djvu/33

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Le sujet, dont les actions sont susceptibles d’imputa­tion[1], est une personne. La personnalité morale n’est donc pas autre chose que la liberté d’un être raison­nable soumis à des lois morales (tandis que la personna­lité psychologique est tout simplement la faculté d’avoir conscience de soi-même dans les divers états de l’iden­tité de son existence) : d’où il suit qu’une personne ne peut être soumise à d’autres lois qu’à celles qu’elle se donne à elle-même (soit seule, soit du moins de con­cert avec d’autres).

Ce qui n’est susceptible d’aucune imputation est une chose. Tout objet auquel s’applique le libre arbitre, mais qui manque lui-même de liberté, s’appelle donc chose (res corporalis).

L’honnête ou le déshonnête (rectum aut minus rectum)[2] est en général un acte conforme ou contraire au devoir (factum licitum aut illicitum), de quelque espèce d’ail­leurs que soit le devoir même, quant à son contenu ou à son origine. Un acte contraire au devoir s’appelle une transgression[3] (reatus).

Une transgression involontaire[4] mais pourtant im­putable, est une simple faute[5] (culpa). Une transgression volontaire (c’est-à-dire qui a la conscience d’être une transgression) est un crime[6] (dolus). Ce qui est conforme à des lois extérieures s’appelle juste[7] (justum) ; ce qui ne l’est pas, injuste[8] (injustum).

Il y aurait collision des devoirs[9] (collisio officiorum, s. obligationum), s’il pouvait arriver que l’un d’eux sup-

  1. Zurechnung.
  2. Recht oder Unrecht.
  3. Uebertretung.
  4. Unvorsaetzliche.
  5. Verschuldung.
  6. Verbrechen.
  7. Gerecht.
  8. Ungerecht.
  9. Widerstreit der Pflichten.