Page:Kant - Doctrine du droit.djvu/90

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puisque entre lui, comme personne, et tous les autres objets extérieurs, comme choses, il n’y a aucun rapport d’obligation. Il n’y a donc aussi, à proprement parler et à prendre les choses à la lettre, aucun droit (direct) sur une chose ; mais on appelle ainsi le droit de quelqu’un à l’égard d’une personne qui est avec toutes autres (dans l’état civil) en communauté de possession.

§ XII.
La première acquisition d’une chose ne peut être que celle du sol.

Il faut considérer le sol (par où l’on entend toute terre habitable) comme une substance relativement à tous les choses mobiles qui s’y trouvent, et l’existence de ces choses comme étant liée à la première par un rapport d’inhérence ; et, comme dans le sens théorétique, les accidents ne peuvent exister en dehors de la substance, de même, dans le sens pratique, ce qui se meut sur le sol ne peut être revendiqué par quelqu’un comme sien, si ce sol ne se trouve pas déjà juridiquement en sa possession (s’il n’est pas sien).

Supposez en effet que le sol n’appartienne à personne : je pourrai alors déplacer, jusqu’à ce qu’elles aient entièrement disparu, toutes les choses mobiles qui s’y trouvent, pour en prendre moi-même la place, sans porter par là aucune atteinte à la liberté des autres, qui ne sont pas actuellement les détenteurs de ce sol. Mais tout ce qui peut être détruit, un arbre, une maison, etc., est (du moins quant à la matière) chose mobile[1] ; et,

  1. Beweglich.