Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/12

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Un philosophe d’un grand mérite a tenté d’expliquer le principe de contradiction à l’aide de figures, représentant la notion affirmative par le signe + A, et la notion négative par le signe — A ; il a obtenu l’équation : + A — A = 0 ; ce qui signifie : affirmer et nier la même chose, est l’impossible ou le néant. Que cet homme illustre me permette de le dire, je ne vois autre chose dans sa tentative qu’une pétition de principe ; car si l’on donne au signe de la notion négative le pouvoir de faire disparaître la notion affirmative qui lui est jointe, évidemment on suppose le principe de contradiction, par lequel on établit que des notions contraires se détruisent mutuellement. La démonstration de notre proposition : Cujuscunque oppositum est falsum illud est verum (Est vrai tout ce dont l’opposé est faux), est à l’abri d’un pareil reproche. Énonçons-la dans ses termes les plus simples, nous avons : Quicquid non non est illud est (Tout ce qui n’est pas non existant existe) ; en supprimant les deux particules non, nous ne faisons qu’en simplifier la signification, et nous retrouvons nécessairement le principe de l’identité : Quicquid est est (Tout ce qui est est).


Proposition III.
Établir la supériorité du principe d’identité sur le principe de contradiction, comme règle su