Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/13

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


prême (principatus) dans la subordination des vérités.

La proposition qui prend le nom de principe absolument premier, et la plus générale de toutes les vérités, doit être énoncée dans les termes les plus simples d’une part, et les plus généraux de l’autre ; caractère dont le double principe de l’identité me parraît manifestement marqué. Car de tous les termes affirmatifs le plus simple est le mot est, et de tous les termes négatifs, les mots non est. En outre, on ne peut rien concevoir de plus universel, à l’aide des notions les plus simples. En effet, les notions qui sont plus composées empruntent leur lumière de celles qui sont simples ; et, comme elles sont plus déterminantes que ces dernières, elles ne peuvent être aussi générales.

Le principe de contradiction, exposé dans la proposition : Impossibile est idem simul esse ac non esse (Il est impossible qu’une chose soit et ne soit pas en même temps), n’est par le fait que la définition de l’impossible, car ce qui se contredit, c’est-à-dire qui est conçu comme étant et n’étant pas en même temps, s’appelle l’impossible. Comment prouver que toutes les vérités doivent être ramenées à cette définition comme à une pierre de touche ? Car il n’est pas nécessaire de déduire toute vérité de l’impossibilité