Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/4

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leur égard. Car au milieu du conflit des opinions chacun a le droit d’avancer la sienne, et, pourvu qu’on s’interdise les vivacités et les intempérances d’une discussion passionnée, il n’est pas défendu d’examiner modestement et de rétorquer les arguments des autres, et je ne sache pas que, de l’avis de juges équitables, il y ait rien en cela de contraire aux lois du bon ton et des convenances.

Ainsi donc et d’abord, pour ce qui est des arguments allégués, avec plus de confiance en général que de raison, en faveur de l’autorité suprême, universelle et incontestable, du principe de contradiction, je les soumettrai autant que possible à un examen plus minutieux, et je tâcherai d’indiquer en peu de mots ce qu’il y a de raisonnable à dire sur ce sujet. Puis, abordant la loi de la raison suffisante, je dirai tout ce qui peut en rendre l’idée plus précise et la démontrer, en même temps que je ferai connaître les difficultés qui semblent en être inséparables, et j’y opposerai toute la vigueur de raisonnement dont je suis capable. Enfin faisant un pas de plus, j’établirai deux nouveaux principes de la connaissance métaphysique, principes qui ne me paraissent pas dépourvus d’une certaine importance ; non pas qu’ils soient premiers et des plus simples, mais ils sont par cela même d’une application pratique et ne laissent pas d’avoir en même temps une très-haute portée spécu