Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/42

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


clination spontanée de ta volonté, l’attrait de l’objet, soit nécessaire pour qu’il y ait raison parfaite de l’action !

Caius. — Prends garde, tu parles d’inclination spontanée ; or, je dis qu’elle n’a pas pu ne pas pencher dans ce sens.

Titius. — Tant s’en faut que la spontanéité se trouve par là détruite qu’elle en est plutôt rendue très-certaine, pourvu toutefois qu’on entende bien la chose. En effet, la spontanéité est une action partie d’un principe interne. Quand cette action est déterminée conformément à la représentation du mieux possible, on l’appelle Liberté. Un homme est d’autant plus libre qu’il se conforme plus sûrement à cette loi, et que par conséquent il est plus déterminé par tous les motifs de vouloir. Ton argumentation ne prouve pas que la liberté soit détruite par la force des raisons antécédemment déterminantes. Tu t’es suffisamment réfuté toi-même en disant que tu as agi volontairement, et non malgré toi. Ainsi, ton action n’a pas été inévitable comme tu parais le soupçonner, car tu n’as pas cherché à l’éviter ; mais elle a été infaillible par suite de la tendance de tes goûts dans les circonstances où tu étais placé. Et cela même t’accuse plus hautement. Car telle a été la violence de tes désirs qu’ils ne t’ont pas permis de changer de résolu