Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/56

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céder d’un principe de cause infiniment petit. Quelle immense force d’expansion acquiert une étincelle jetée sur de la poudre ! Et si cette étincelle tombe sur une matière inflammable, elle produit des incendies terribles, détruit des villes entières et ravage longtemps de vastes forêts. Combien de corps détruits et dissous par l’action à peine sensible d’une légère étincelle ? Mais ici, la cause capable d’aussi grands effets par le déploiement de forces immenses, la cause qui a son foyer dans la structure intime du corps, c’est-à-dire la matière élastique soit de l’air, comme dans la poudre à canon (d’après les expériences d’Halez), soit de la matière ignée, comme dans un corps combustible quelconque, est plutôt manifestée que produite par une faible excitation. Des espèces de ressorts (elastra) comprimés sont renfermés dans les corps, et, pour peu qu’ils soient excités, déploient des forces, proportionnelles à l’effort réciproque de l’attraction et de la répulsion.

Les forces des esprits et la progression continue de ces forces vers des perfections ultérieures semblent, il est vrai, n’être pas soumises à cette loi ; mais je suis persuadé qu’elles n’en sont pas exemptes. Sans doute, quoique très-obscure, la perception infinie de l’ensemble de l’univers, perception interne toujours présente à l’âme, contient déjà toute la réalité qu’auront plus tard les pensées quand une lumière plus vive les aura