Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/6

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Proposition I.
Il n’y a pas pour toutes les vérités un principe unique, absolument premier, universel.

Un principe premier et véritablement unique devrait être une proposition simple, autrement elle serait composée, et comprenant par le fait plusieurs autres propositions, elle n’aurait d’un principe unique que la trompeuse apparence. Or, une proposition vraiment simple est nécessairement ou affirmative, ou négative. Si elle est l’un ou l’autre, elle ne peut être un principe universel, comprenant toutes ces vérités sans exception ; car si vous dites qu’elle est affirmative, elle ne pourra être le principe absolument premier des vérités négatives ; si vous la supposez négative, comment servirait-elle de principe aux vérités positives ?

Admettons que cette proposition soit négative ; et tout d’abord, comme toutes les vérités découlent de leurs principes soit directement, soit indirectement, n’est-il pas évident que si vous concluez directement d’un principe négatif, vous n’obtiendrez que des propositions négatives. Si maintenant vous voulez tirer indirectement de ce même principe des propositions affirmatives, convenez que vous n’y arriverez qu’à l’aide de cette proposition intermédiaire :