Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/66

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par la probabilité. Nous savons par le sens intime que l’âme est sujette à des changements internes. Or, comme ces modifications ne pourraient se produire si l’âme était isolée et privée de toute relation extérieure, ce qui a été démontré, il faut qu’il y ait en dehors de l’âme plusieurs choses avec lesquelles elle soutienne des rapports réciproques. En raisonnant de même on voit la succession des perceptions s’accomplir d’après le mouvement extérieur. Et comme il suit de là que nous n’aurions pas d’un corps quelconque une représentation variablement déterminable, s’il n’existait en réalité un corps qui, par son commerce avec l’âme, donnât à celle-ci une représentation conforme à lui-même, on peut en conclure facilement l’existence réelle de ce composé que nous appelons notre corps.

2. Notre démonstration ruine de fond en comble le système de l’harmonie préétablie de Leibniz, non pas, comme on le fait généralement, par les raisons finales qu’on croit indignes de Dieu, et qui sont souvent d’un faible secours, mais par l’impossibilité interne de cette harmonie. Car il suit immédiatement de notre démonstration que l’âme humaine, privée de tout rapport réel avec les choses extérieures, ne subirait pas le moindre changement dans son état interne.

3. L’opinion que tous les esprits finis, sans excep