Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/9

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qui est est, et tout ce qui n’est pas n’est pas). Toute démonstration directe repose donc sur le principe de l’identité, qui est le principe premier.

Quant à la déduction par voie indirecte, elle a aussi pour fondement un double principe. Il faut toujours revenir à ces deux propositions : 1° Cujuscunque oppositum est falsum illud est verum (Est vrai tout ce dont l’opposé est faux) ; en d’autres termes : l’opposé de ce qui est nié doit être affirmé ; 2° Cujuscunque oppositum est verum illud est falsum (Est faux tout ce dont l’opposé est vrai). De ces deux propositions, la première donne naissance à des propositions affirmatives, la seconde à des propositions négatives. Réduisez la première à sa plus simple expression, vous aurez : Quicquid non non est illud est (Tout ce qui n’est pas non existant existe). Car l’opposé de la négation est d’abord exprimé par la particule non, puis la négation rendue par la même particule non répétée. La deuxième proposition se formulera en ces termes : Quicquid non est non est (Tout ce qui n’est pas n’est pas). (Ici encore le contraire est exprimé par la particule non, puis la négation ou la fausseté par la même particule répétée.) Si maintenant, comme l’exige la loi de la caractéristique, on veut se rendre compte des termes de la première proposition, la première particule non entraînant la suppression de la seconde, il restera,