Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/92

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clairement que cette notion m’étant donnée, je dois rechercher avant tout par l’analyse les notions élé­mentaires qui s’y conçoivent de prime abord et im­médiatement. J’observe donc qu’il y a une multiplicité dont les éléments sont en dehors les uns des autres ; que cette multiplicité ne se compose pas de substances, car il ne s’agit pas de la connaissance des choses dans l’espace, mais de l’espace lui-même ; que l’espace ne peut avoir que trois dimensions, etc. De pareilles pro­positions sont très-explicables, lorsqu’on les considère in concreto pour en connaître l’objet intuitivement ; mais elles ne sont jamais démontrables. Comment, en effet, pourraient-elles l’être, puisqu’elles consti­tuent les premières et les plus simples pensées que je puisse avoir de mon objet quand je commence à le concevoir ? En mathématiques, les définitions sont la première pensée que je puisse avoir de la chose dé­finie, parce que ma notion de l’objet ne résulte que de la définition, et qu’il serait tout à fait absurde de la regarder comme démontrable. En philosophie, où la notion de la chose que je dois définir m’est donnée, je suis dans la nécessité de convertir en un jugement fondamental indémontrable ce qui s’y perçoit immé­diatement et de prime abord. Eu effet, n’ayant pas encore toute la notion claire de la chose, mais la cherchant de tous côtés, elle ne peut absolument pas être prouvée à ce point par cette autre notion, à sa-