Page:Kant - Mélanges de logique.djvu/93

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voir, qu’elle sert plutôt à produire cette connaissance claire, et par là même une définition. Il faut donc que je possède de premiers jugements, des jugements fon­damentaux, avant toute définition philosophique ; et il n’y a d’autre danger en cela que de prendre pour notion élémentaire ce qui n’est encore qu’une notion dérivée. L’étude suivante mettra ce point hors de doute.

IV. L’objet des mathématiques est facile et simple, celui de la phi­losophie difficile et compliqué.

Comme la quantité constitue l’objet des mathéma­tiques, et que dans l’étude qu’on en fait on n’a d’autre but que de savoir combien de fois quelque chose est posé, il est évident que cette espèce de connaissance doit reposer sur un petit nombre de théories très-claires de la théorie générale de la quantité (ce qui est proprement l’arithmétique générale). On y voit aussi l’augmentation et la diminution des quantités, leur dé­composition en facteurs égaux dans la théorie des ra­cines, sortir d’un petit nombre de notions fondamentales très-simples. Quelques notions de ce genre, concer­nant l’espace, permettent d’appliquer cette connais­sance générale de la quantité à la géométrie. Il suffit pour s’en convaincre de comparer, par exemple, la compréhensibilité facile d’un objet arithmétique, qui comprend en soi une multiplicité excessive, avec la