Page:Kant - Prolégomènes à toute métaphysique future, trad. Tissot, 1865.djvu/426

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PROGRÈS DE LA MÉTAPHYSIQUE


existe nécessairement, et Ton prouve plus volontiers que si an tel être existe, ce doit être un ens realissimum (il faudrait donc prouver maintenant qu’un seul être entre tout ce qui est existe d’une existence absolument nécessaire, et cela se peut également). Mais la preuve n’aboutit qu’à ceci, c’est que nous n’avons absolument aucune notion de ce qui peut convenir comme propriétés à un être nécessaire comme tel, si ce n’est que son existence est inconditionnée. Mais que faut-il lui attribuer en outre, nous ne le savons pas. Au nombre de nos notions de choses est la notion logiquement inconditionnée, mais cependant universellement indéterminée, celle du realissimi. Si donc nous pouvions aussi donner à cette notion un objet correspondant, ce serait l’ens realissimum. Mais nous n’avons pas le droit d’admettre aussi pour notre simple notion un pareil objet.

A l’hypothèse que quelque chose existe se trouve soumise la conséquence que quelque chose aussi existe nécessairement ; mais on ne peut cependant savoir simplement et sans condition que quelque chose existe nécessairement. La notion d’une chose, quant à ses prédicats internes, peut encore être admise à volonté, mais il peut être prouvé que cette chose est absolument impossible. J’ai donc conclu à la notion d’un être de la possibilité duquel personne ne peut se faire une notion.

Mais pourquoi conclus-je à l’inconditionné ? Parce qu’il doit contenir le principe suprême du conditionné. Le raisonnement est donc : 1° si quelque