Page:Kant - Prolégomènes à toute métaphysique future, trad. Tissot, 1865.djvu/438

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
438
SUR LA PHILOSOPHIE


ne peuvent nullement autoriser à reconnaître une physique pratique (qui est également une chimère) comme formant une partie de la philosophie de la nature ; car les principes d’après lesquels nous faisons des expériences doivent toujours être dérivés de la connaissance de la nature, par conséquent de la théorie. Il en est absolument de même des préceptes pratiques qui concernent la production volontaire d’un certain état de l’âme (v. g., celui du mouvement désordonné ou de la retenue de l’imagination, celui de la satisfaction ou de la modération des désirs). 11 n’y a point de psychologie pratique comme partie spéciale de la philosophie sur la nature humaine ; car les principes de la possibilité d’un état interne au moyen de l’art, doivent être dérivés de ceux de la possibilité de notre détermination en partant de la nature humaine ; et quoique les premiers consistent dans des propositions pratiques, ils ne constituent cependant pas une partie pratique de la psychologie empirique, parce qu’ils n ont pas de principes particuliers, mais qu’ils sont de simples scolies de cette psychologie.

En général, les propositions pratiques (qu’elles soient purement a priori, ou qu’elles soient empiriques), si elles expriment immédiatement la possibilité j d’un objet par notre volonté, appartiennent toujours à la connaissance de la nature et à la partie théorique | de la philosophie. Celles-là seules qui présentent directement comme nécessaire la détermination d’une action par la représentation de sa forme (d’après des lois en général), sans égard au moyen de l’objet à ré-