Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T1.djvu/70

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années orageuses, remplies d’événements et fourmillantes de personnages, années de labeur et d’entraînements, ces Lehr und Wanderjahre, les plus actives et les plus intéressantes dans la vie de George Sand, l’Histoire de ma Vie ne peut guère que servir de fil d’Ariane pour s’orienter ; mais elle ne peut, à aucun titre, servir de base à un sérieux travail biographique.

Nous ne serions pas complet si nous omettions de signaler que les écrivains sympathiques à George Sand, ses biographes amis, ses compatriotes bien élevés, par courtoisie, et Miss Thomas, par cant anglais, commettent tous une grosse erreur qui fournit des armes à ses ennemis. Tous passent avec soin, sous silence, des choses aussi universellement connues que les rapports de George Sand avec Jules Sandeau, Alfred de Musset, Michel de Bourges et Frédéric Chopin. C’est à peine si l’un d’eux se permet là-dessus une allusion respectueuse et vague, ou risque une phrase habile que peut comprendre un lecteur au courant des choses, mais complètement obscure pour celui qui ignore l’histoire intime de George Sand et les légendes de l’époque.

De leur côté, les ennemis et les détracteurs de George Sand, les critiques conservateurs et soi-disant « bien pensants », les feuilletonistes tracassiers et tous les biographes de Musset et de Chopin, profitant, sans se gêner, de ce que personne ne les dément en réalité, et que personne ne raconte les faits d’une manière claire et exacte, échafaudent dans leurs écrits des montagnes de racontars révoltants et grossiers. Que de potins louches et vagues sous leur plume, que d’inventions sur le compte de George Sand ! Pour elle, le moment de passer dans l’histoire est cependant arrivé depuis longtemps, voilà plus de vingt ans