Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/422

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le volume de Villemer, avec l’idée d’en tirer une pièce. Au bout de très peu de temps, il envoya, en effet, à Mme Sand un scénario de la pièce à faire et un premier acte tout fait[1].

Mme Sand fut étonnée et émerveillée à la fois de cette facilité et de ce savoir-faire dramatique. Et dès ce moment, pendant deux ans, de septembre 1861 à octobre 1863, presque toutes les lettres entre Dumas et George Sand contiennent des détails extrêmement curieux et précieux sur la genèse de cette pièce, sur le travail accompli par chacun des deux collaborateurs, et enfin sur les scrupules de Mme Sand à signer à elle seule cette pièce, faite par eux deux, et à en accepter tous les profits futurs, scrupules que Dumas finit par vaincre tous en avançant comme suprême argument le fait que Mme Sand avait fait toute la partie descriptive de l’Affaire Clemenceau, et que lui, Dumas, l’avait pourtant signée seul. Cette correspondance entre Dumas et Mme Sand réfute, à elle seule, d’une manière absolue, presque tous les « faits » se rapportant à Villemer, racontés dans les Mémoires récemment parus de M. Duquesnel, Mais nous allons encore démontrer dans le chapitre suivant que presque tout ce que cet auteur avance sur n’importe quel fait de cet épisode de la vie de Mme Sand n’est que… de « l’histoire telle qu’on l’écrit ».

  1. Mme Sand écrit dans sa lettre du 20 novembre 1861 (ce passage manque dans le vol. IV de sa Correspondance imprimée, il doit être placé à la p. 298 à la suite des mots se rapportant à Marchai : « Il nous a fait à tous nos portraits merveilleux, charmants comme dessin, et d’une ressemblance que les portraits n’ont jamais eue. Il ne se doutait pas de ça, lui il est tout étonné d’avoir réussi. ») : « Le mien de portrait est un chef-d’œuvre ; de même ceux de Maurice et de Manceau, et ceux de Véron et de Lucien, qu’il avait essayés en s’amusant. Il veut faire aussi celui de ma grande Marie. J’espère qu’il paie assez son écot ! Il s’y obstine et comment refuser ? Il va faire photographier le portrait qu’il a fait de moi, et vous aurez enfin quelque chose qui est moi et pas une autre. J’espère que je vous aurai comme ça quelque jour, car toutes vos photographies vous font affreux, et décidément la photographie sur nature est ce qu’il y a de plus menteur au monde. Ledit Marchal [puis viennent les lignes imprimées dans la Correspondance : repart pour voir sa mère… » etc.] Et enfin nous lisons dans cette lettre du 20 novembre : « Et dans tout ça je n’ai pas trouvé le temps de recopier ce chef-d’œuvre d’acte de Villemer, et je m’en faisais pourtant une fête. Manceau, lui, n’a pas respiré une heure depuis votre départ. » (Ces trois lignes sont encore omises dans la Correspondance, puis viennent les lignes imprimées à la p. 299 : « On vous attend pour retrouver le sens commun littéraire… »)