Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/203

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Je sçai pourtant, & je le confesse, que le moindre de vos bienfaits est audessus de tous mes remerciemens.

Car de tout les biens que vous me faites il n’en est aucun dont je ne sois très-indigne ; & quand je viens à considerer ce que vous êtes, je suis étonné & tout hors de moi, à l’aspect de vôtre infinie grandeur.

Ce que nous avons de bon au corps ou à l’ame, au dehors ou au dedans par la nature, ou par la grace, tout vient de vous, tout sert à faire éclater vôtre liberalité & vôtre misericorde.

Et quoique vous ne partagiez pas également vos faveurs, que les uns en reçoivent plus & les autres moins ; ils n’ont pourtant rien, ni ne peuvent rien indépendamment de vous.

Ceux à qui vous faites plus de bien n’ont pas sujet de s’en glorifier, ni de mépriser les autres, à qui vous en faites moins. Car le plus grand & le meilleur de tout est celui qui s’en fait le moins accroire, qui est le plus humble, le plus devot, & le plus reconnoissant.

Nul ne mérite davantage d’être enrichi de vos dons, que celui qui s’en juge le plus indigne, & qui a de plus bas sentimens de lui-même.

D’un autre côté, ceux que vous gratifiez le moins, ne doivent pas