Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/204

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s’en affliger, ni s’en plaindre, ni porter envie à ceux à qui vous donnez de plus grandes marques de vôtre amour. Ils doivent plûtôt considerer leur peu de mérite, & loüer vôtre bonté infinie, qui verse ses graces liberalement gratuitement, & avec profusion sur toutes sortes de personnes.

Tout vient de vous, & on doit vous benir de tout.

Vous sçavez ce qu’il faut donner à chacun ; & il n’appartient qu’à vous de juger pourquoi il est à propos de donner moins à celui-ci, qu’à celui-là, puisque c’est vous qui prescrivez de certaines bornes à leurs vertus & à leurs mérites.

Je suis même persuadé qu’il est tres-avantageux de n’avoir point de ces sortes de talens, qui éclatent & qui font bruit dans le monde. Et de fait ceux qui reflechissent sur leur pauvreté & sur leur bassesse, bien loin d’en concevoir du chagrin, n’en ont au contraire que de la joye ; parce qu’ils sçavent, ô mon Dieu, que les pauvres & les humbles, pour qui le monde n’a que du mépris, sont ceux que vous choisissez pour être vos amis & vos domestiques.

Témoins vos Apôtres, que vous avez établi Princes sur toute la terre.

Ils ont vécu dans le monde d’une