Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/37

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dans l’après-midi de ce jour néfaste, accompagnée de Jacques Villemain, vieux chouan de la commune de Hénon, où il exerçait la profession d’aubergiste, et de M. Hervé du Lorin, dont elle devint plus tard l’épouse. Comme la nuit n’allait pas tarder à venir, on fut bientôt, au château de Boscenit, dans l’inquiétude la plus vive. Enfin, l’anxiété étant au comble, des émissaires partirent en toute hâte dans diverses directions, et ils ne tardèrent pas à apprendre les détails de la mort du vaillant chef. Cette fin de M. du Boishardy fut un coup funeste pour la Chouannerie, à laquelle il avait imprimé, par la noblesse et la générosité de son caractère, des allures héroïques.

Pendant que ces tristes événements se produisaient dans les Côtes-du-Nord, MM. Le Gris du Val et de Kerigant avaient rejoint les Morbihannais, commandés par M. de Tinténiac, qui se proposait de protéger la descente de Quiberon, en attaquant l’armée du général Hoche, assiégée dans son camp.

Toutes ces tentatives ayant échoué, par le défaut d’entente dans l’armée de débarquement, les divisions royalistes se dispersèrent. Celle de M. de Tinténiac se rapprocha des Côtes-du-Nord : elle comptait dans ses rangs Mercier, dit la Vendée, Georges Cadoudal et Le Gris du Val. N’ayant, comme les autres, pu remplir les ordres reçus de Puisaye, elle