Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/41

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ment républicain, il était Prussien de naissance, on le sut plus tard, et se nommait Mairess.

Cependant M. Le Gris, perdant son sang en abondance et comprenant que les Bleus allaient revenir en force pour les attaquer, s’était dirigé, soutenu par ses deux compagnons, vers la rivière d’Oust, distante de quelques centaines de mètres. Arrivé sur le bord, l’intrépide blessé, sentant ses forces l’abandonner et ne pouvant plus marcher, engagea son fidèle serviteur et Saint-Régeant à le laisser et à se mettre en sûreté en passant de l’autre côté de la rivière. Quant à lui, il se plongea immédiatement dedans, suivit le cours de l’eau pendant quelques secondes et se blottit, défaillant, épuisé, sous des racines d’aulnes formant une sorte de cachette où il s’évanouit.

Les Bleus ne tardèrent pas à reparaître. Ils firent enlever leur blessé et se dirigèrent vers la cavité où ils avaient aperçu les trois hommes armés sur lesquels ils avaient tiré. Ils trouvèrent une mare de sang dont la trace se prolongeait jusqu’au bord de la rivière ; mais, au moment où ils y arrivaient, trois coups de fusil partirent du milieu de fourrés épais et les firent reculer dans le sens opposé à celui où se trouvait M. Le Gris.

Bientôt, ayant vu, sur un coteau voisin et hors