Page:Kipling - Du cran.djvu/200

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dessous. Ceux qui se portaient « en avant » s’en allaient réparer leurs forces épuisées et se préparer à une nouvelle attaque pour quand viendrait leur tour. »

Personne ne semblait nourrir grand espoir de sauver le navire tant qu’on ne se serait pas rendu compte de ce qui restait de poudre. À vrai dire, le Capitaine Castles déclara à un officier du 54e que la partie était perdue, et l’officier répliqua : « Nous lutterons jusqu’à ce que nous passions par-dessus bord. » Il sembla qu’il fût pris au mot, car juste alors la poudre à signaux et les barils de munitions sautèrent, et le navire vu du milieu de l’arrière parut tout un volcan flottant. Les cartouches crachotèrent comme des pétards, les portes et la charpente des cabines furent projetées de toutes parts sur le pont, et deux ou trois hommes furent blessés. Mais — ceci n’est dans aucun rapport officiel — le grondement à peine éteint, alors que l’arrière enfonçait fâcheusement et que chacun croyait le Sarah Sands en train de préparer sa dernière embardée, quelque joyeux plaisant du 54e cria : « Éteignez tout », à quoi le jovial capitaine répondit par le cri : « Bravo ! Nous allons encore