Page:Kipling - Du cran.djvu/241

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double ligne au piquet, et il leur donna des noms, hommes et bêtes ensemble, suivant ses idées et connaissances, comme son Premier Père avait fait avant lui. En ce temps-là tout avait un nom, depuis les mangeoires d’argile jusqu’aux entraves, car les choses étaient des gens pour Adam tout comme les gens sont des choses pour les humains en leur seconde enfance. À travers toutes les causeries — une main entortillée dans la barbe d’Imam Din, et l’autre posée sur sa boucle de ceinturon polie — il y avait deux autres gens qui allaient et venaient dans la conversation — la Mort et la Maladie — des gens plus grands qu’Imam Din et plus forts que les chevaux entravés. Il y avait Mata, la petite vérole, une femme ayant des attaches avec les cochons ; et Héza, le choléra, un homme noir, d’après Adam ; et Booka, la faim ; et Kismet, qui réglait toutes questions, depuis l’étouffement malencontreux d’une mangouste chérie dans le tuyau d’égout de la cuisine jusqu’à l’absence d’un jeune Policeman qui une fois manqua une parade et ne revint jamais. Tout cela était fort merveilleux pour Adam, mais sans valoir la peine qu’on y pensât beaucoup ; car