Page:Kipling - Du cran.djvu/259

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de ma selle pour poser un million de questions et accueillir les singes par des clameurs et battre des mains quand les faisans rutilants de couleurs traversaient comme flèche notre route, et héler tous les bûcherons, bouviers et pèlerins en vue, jusqu’au moment où nous fîmes halte pour prendre notre petit déjeuner dans une auberge. Après quoi, en sa qualité d’enfant, il sortit pour jouer avec un convoi de conducteurs de bœuf arrêté au bord de la route, et il nous fallut le chasser de chez un bistro indigène, où il était en train de faire marché avec un indigène de sept ans au sujet d’un perroquet dans une cage de bambou.

Tout en gigotant sur mon pommeau, comme nous nous remettions en route, il dit :

« Il y avait quatre hommes behosh (inconscients) derrière la maison. Pourquoi les hommes deviennent-ils behosh d’avoir bu ?

— C’est la nature des eaux, répondis-je. (Et, parlant derrière moi :) Strick, qu’est-ce que ce cabaret fait là si près de la route ? C’est une tentation pour les serviteurs de chacun.

— Sais pas, dit une voix endormie dans le doolie. C’est le District de Kennedy. Il n’était pas là de mon temps à moi.

,