Page:Kipling - Du cran.djvu/69

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brouillant, les changements de numéro dans les bouées depuis le Bief du Jardin jusqu’à Sangor, aussi bien que la plus grande partie du Calcutta Telegraph, le seul journal qu’il lût.

Par malheur, on ne saurait étudier le Hugli sans argent, fût-on le fils du plus célèbre des pilotes du fleuve, et dès que Trévor eut compris a quoi son fils passait son temps, il lui coupa son argent de poche, dont Jim recevait une fort généreuse ration. En cette extrémité Jim tint conseil avec Pedro, le mulâtre couleur de pruneau du Foyer du Marin, et Pedro était un homme pervers et intrigant. Il présenta Jim à un Chinois, à Muchuatollah, endroit assez peu plaisant par lui-même, et le Chinois qui répondait au nom de Erh-Tze, quand il n’était pas en train de fumer l’opium, causa affaire une heure durant en jargon anglo-chinois avec Jim. Il n’était pas un mot de cette affaire, du premier au dernier, qui ne défiât toutes les lois du fleuve, mais elle intéressa Je jeune garçon.

« Supposons que vous acceptiez. Capable de le faire ? » finit par demander Erh-Tze.

Jim fit l’examen de ses chances. Une jonque, il le savait, tirait onze pieds d’eau environ et les