Page:Kipling - Du cran.djvu/70

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droits réguliers pour un pilote qualifié, vers la sortie jusqu’aux Sandheads, auraient été de deux cents roupies. D’une part il n’était pas qualifié, aussi n’osait-il demander plus que la moitié. Mais, d’autre part, il était on ne peut plus certain de recevoir de son père la plus cinglante raclée de sa vie pour avoir piloté sans brevet, sans compter ce que les autorités du Port pourraient lui faire. Aussi demanda-t-il cent soixante-quinze roupies, qu’Erh-Tze réduisit à cent vingt. Le chargement de sa jonque valait au bas mot de soixante-dix à cent cinquante mille roupies, dont une bonne partie consistait en un énorme fret sur les cercueils de trente ou quarante Chinois morts, qu’il emmenait se faire enterrer dans leur pays natal.

Un Chinois riche paiera tout ce qu’on voudra pour ce genre de service, et suivant une superstition ils croient que le fer des bateaux à vapeur est mauvais pour la santé spirituelle de leurs morts. La jonque d’Erh-Tze s’était traînée de Singapour, via Penang et Rangoon, à Calcutta, où Erh-Tze avait reculé devant les droits de pilotage. Cette fois-ci il allait s’en aller à prix réduit avec Jim, qui, Pedro tint à le lui dire,