Page:Kipling - Le Second Livre de la jungle.djvu/230

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
219
l’ankus du roi

vite que les noix tombent par le grand vent. Je ne souhaiterais pas cependant les voir mourir six par nuit.

— Qu’importe ! Ce ne sont que des hommes. Ils se sont entretués, et ils ont été contents, dit Bagheera. Le premier petit homme des bois chassait bien.

— Ce n’en sont pas moins des enfants, et un enfant se noierait pour mordre un rayon de lune dans l’eau. Toute la faute est à moi, — dit Mowgli, qui parlait comme s’il savait le fond de toutes choses. Je n’apporterai plus jamais de choses étrangères dans la Jungle — fussent-elles aussi belles que des fleurs. Ceci — il souleva l’ankus avec méfiance — va retourner au Père des Cobras. Mais il faut d’abord que nous fassions un somme, et nous ne pouvons nous coucher auprès de ces dormeurs-là. Il nous faut aussi l’enterrer, lui, de peur qu’il ne se sauve et n’en tue six encore. Creuse-moi un trou sous cet arbre.

— Mais, Petit Frère, — dit Bagheera, en se dirigeant vers l’endroit indiqué, — je t’assure que ce n’est pas sa faute, à ce buveur de sang. Tout le mal vient des hommes.

— C’est tout un, répondit Mowgli. Creuse le trou