Page:Klaproth - Tableaux historiques de l'Asie, 1826.djvu/270

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de Bânchoa ( \jL>\> ), que le premier donne à ce rebelle, et que l'abbé Renaudot avait mal lu Baïchou, n'est qu'une altération de celui de Houangtchhao; cardans plusieurs dialectes de la Chine, le h au commencement des mots est souvent changé en tv ou b. Abou zeïd place l'expédition de Houang tchhao contre Kanfau l'an de l'hégire 264, qui commença le 12 septembre 877 et finit le premier du même mois de 878 de notre ère. C'est sous cette dernière année que les auteurs chinois mentionnent la prise de Hang tcheou fou, et par conséquent celle de Kan phou, qui en était le port. La fuite de l'empereur de sa capitale, telle que l'Arabe la raconte, correspond parfaitement avec le récit des historiens indigènes. Quant au nom de Khoutndân qu'Abou zeïd donne à Tchhang ngan, ou Si ngan Khoumdân

c J 1 1 1 . • , est Tchhang ngan,

tonde nos jours, nous savons par le monument des chrètiens syriens trouve capitaledesThang. dans cette ville, qu'elle fut apelée ainsi par les nations de l'Asie occidentale. Il ne nous reste qu'à expliquer quel était ce roi de Taghazghaz, dont le fils vint au secours de l'empereur et battit le rebelle. Les auteurs arabes placent le pays de jzjxj' Taghazghaz dans le Turkestân (1), c'est-à-dire dans la partie de l'Asie moyenne habitée par des tribus turques. A cette époque, toutes les contrées Sur le Taghazghaz. entre la pointe du nord-ouest de la Chine jusqu'aux Iaxartes faisaient partie du Turkestân, Le nom de Taghazghaz, se trouve écrit chez le Cherif Edrissi ( géographe arabe du douzième siècle ) yijii ; ce qu'on doit lire, d'après la transposition des points diacritiques, Bagharghar. On voit donc qu'il règne ici une incertitude considérable sur l'application de ces points au corps des lettres qui forment le mot, et qu'il est probable que la leçon de Thagazghaz est aussi fautive que celle de Bagharghar. Je propose donc de ponctuer de la manière suivante Ce sont les Ighour. et de lire Ighour Gouz, ce qui signifierait les Ghouz Ighour ou Ouigour, ou les Ghouz fédérés. J'ai fait voir plus haut (pages 121 et 122) que les Ouigour étaient v vraisemblablement le même peuple que les Ghouz des auteurs arabes et persans, et que leur identité avec les Turcs Hoei hou, du temps deThang, était indubitable. Les Cha tho étaient de même origine que les Hoei hou ; c'était une horde Turks Cha tho. turque qui, au commencement du neuvième siècle, s'était soumise aux Thang. Ces derniers l'établirent au nord de la province de Chen si, pour protéger leur

(1) Le premier des deux voyageurs arabes dit: « Au-delà du comment de la Chine on trouve un pays appelé Taghazghaz, du nom d'une nation de Turks qui l'habitent, et le pays du kakhan de Tubet, qui touche au pays des Turks. frontière.