Page:Klaproth - Tableaux historiques de l'Asie, 1826.djvu/272

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Tchhing tou à Tchhang ngan, où il ne fit pas un long séjour. La leçon que ce prince avait reçue par le soulèvement général de son empire n'avait produit qu'une faible impression sur son esprit ; son indolence le fit retomber sous le pouvoir des eunuques, il n'était que l'organe de leur volonté. Hi tsoungmourut en 888, peu regretté et même méprisé de ses sujets, réduits à la dernière misère par les guerres civiles qui dévastèrent l'empire.

Son frère cadet lui succéda, sous le nom de Tchao tsoung; c'était un prince de Tchao tsoum;,

888 de J.-C.

beaucoup d'esprit, qui connaissait les affaires et désirait ardemment de remettre l'empire dans un état florissant; mais la force des choses l'en empêcha. Les gouverneurs des provinces se faisaient des guerres cruelles ; notamment Li khe young , chef des Cha tho, qui était dans un état d'hostilités continuelles avec ceux de la partie septentrionale de l'empire. L'empereur, qui intérieurement estimait ce prince, Guerre contre dont la valeur avait replacé son prédécesseur sur le trône, se vit cependant, en 890 rie J -C. 890, forcé par son conseil de faire marcher contre lui plusieurs corps de troupes. Des gouverneurs à moitié révoltés s'étaient joints à l'armée impériale pour combattre leur ennemi commun ; mais ils n'avaient pas compté qu'ils auraient affaire à un capitaine brave et expérimenté. Li khe young les battit à chaque rencontre, et parvint à dissiper totalement l'armée des confédéres . Maître de marcher sur Tchhang ngan et d'humilier l'empereur, il préféra de se réconcilier avec ce prince. Cependant la faiblesse de ce dernier lui fit bientôt rompre les promesses qu'il avait faites à Li khe young.Les guerres civiles, au lieu de cesser, augmentèrent journellement et produisirent un bouleversement général dans l'empire. Le prince des Cha tho vint plusieurs fois au secours de l'empire; mais toutes ses victoires ne purent arracher Tchao tsoung des mains des eunuques, qui, l'an 900, avaient même osé le déposer, et le tenaient dans une prison étroite. Un officier

• religion, jusque là même qu'ils Tendent la chair humaine dans les marchés. 1 — II n'y a pas de doute que pendant les famines, qui sont fréquentes dans un pays aussi peuplé que la Chine, on n'ait souvent eu recours à ce moyen horrible de prolonger l'existence; aussi l'histoire chinoise fournit-elle des exemples d'anthropophagie dans les guerres civiles; c'était alors ou la famine qui y forçait, ou un excès de vengeance à laquelle les Chinois et les Malais sont très portés. Mais dans les temps ordinaires, et pendant que l'empire jouissait d'une tranquillité profonde, on n'a jamais mangé de la chair humaine, encore moins était-elle publiquement exposée en vente.