Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/145

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Le Comte.

Ah ciel ! vous m’assassinez. Vous r’ouvrez une plaie mal fermée… Tel que vous me voyez je vous parais calme… de sang-froid ; n’est-il pas vrai ? Eh bien, je me trouve enveloppé dans un labyrinthe de difficultés insurmontables, insurmontables en vérité… tellement enveloppé, vous dis-je, que je serai obligé d’écrire dès ce soir, oui, ma foi, dès ce soir à Paris.


Le Baron.

Cela me paraît sérieux… Mais…


Le Comte, rendant la tasse à Amélie, chante :
Oui ! le nectar qu’on sert aux dieux,
N’est autre… n’est autre chose…

Amélie, l’interrompant.

Mais dites-nous donc, M. le comte, ce qui vous est arrivé.


Le Comte.

Vous l’ordonnez, sultane de mes pensées ! votre esclave obéit… Vous saurez d’abord que mon valet-de-chambre, parfaitement honnête-homme d’ailleurs, est un sujet à jeter par les fenêtres… d’une étourderie, d’une mal-adresse… vous en jugerez… Avant-hier, brillant du désir de venir en toute diligence vous présenter mon hommage, je ne pensais à rien, et me reposais sur lui de toutes ces petites misères qu’un voyageur, qui veut paraître dans l’étranger avec quelque avantage, doit nécessairement traîner avec lui… Que croyez-vous que le maraud m’ait oublié ?… là…