Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/190

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tissante ; mais, le meurtre qui allait en être la suite ?


Frédéric.

Arrêtez, monsieur ! vous enchaînez ma langue. Mais je parle à un homme instruit : et comme tel, et comme pasteur, vous devez savoir qu’il est des actions dont une cause première dirige le but, la fin, et aussi les moyens. Ma volonté seule, croyez-moi, n’a point conduit ma main ; cette main prête à devenir meurtrière, n’était que le faible chaînon d’une chaîne qu’une puissance invisible dirigeait en secret depuis long-temps. Je ne saurais dans le moment m’expliquer davantage : le voile dont tout ceci est couvert se lèvera quand il plaira à celui qui a tout conduit qu’il soit écarté. En attendant, soumis et résigné, j’attendrai tranquillement mon sort, persuadé qu’il existe là-haut un tribunal, où l’offenseur et l’offensé seront jugés impartialement, et recevront chacun leur sentence.


Erman.

Plus je vous entends, plus vous me pénétrez d’estime et d’admiration. Il serait bien fâcheux, qu’avec de tels principes, les lumières d’une saine doctrine ne vinssent au secours d’une raison, qui ne demande qu’à être éclairée. Ce soin me regarde et je veux m’en charger. Venez chez moi, vous logerez dans ma maison ; j’y recevrai aussi votre mère, et je croirai avoir encore trop peu fait pour l’humanité.