Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/248

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me reste un ami à l’égard duquel je sens mon insuffisance. Je lui dois beaucoup, je lui dois tout ; Amélie, voudrais-tu payer pour moi ?


Amélie, se jetant à ses pieds.

Mon père !… vous avez lu dans le cœur de votre fille, vous connaissez ses sentimens…


Erman, à part.

Dieu !


Le Baron, la relevant et la présentant à M. Erman.

Mon ami ! je vous la donne, non comme un tribut de ma reconnaissance, mais comme le prix de vos vertus. (Erman veut se jeter à ses pieds : le baron l’en empêche, il l’embrasse, et unit sa main à celle d’Amélie) Elle est à toi. (lui mettant la main sur la bouche pour l’empêcher de parler) Chut… chut… point de remercîmens… fais son bonheur, et j’aurai trop peu fait pour toi. À présent tout n’est pas fait encore ; il me reste la plus importante des tâches à remplir. Mon ami, vous m’entendez ; où est-elle, ou est Wilhelmine ?


Erman.

Je l’ai fait passer dans votre cabinet. Voulez-vous…


Le Baron, avec la plus grande émotion.

Quoi ! elle est ici !… dans cette maison ! je ne la croyais pas si près de moi. C’est ici que je la vis pour la première fois : c’est ici qu’elle reçut mes sermens ; c’est ici que ses yeux, dont j’avais si long-temps épié le regard, se levèrent enfin sur moi, et que j’y lus, l’aveu de son