Page:L'Humanité nouvelle, année 2, tome 2, volume 3.djvu/55

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



LA MORT DES SOCIÉTÉS


NATURE VÉRITABLE DE CE PHÉNOMÈNE


On parle constamment de nations mortes. Les Assyriens, les Égyptiens, les Carthaginois, les Péruviens, les Mexicains n’existent plus. D’autre part, il y a des sociétés en voie de dépérissement dont la disparition est prochaine : les Peaux-Rouges de l’Amérique du Nord, les Maoris de la Nouvelle-Zélande, les Hawaïens des îles Sandwich. Les nations ont donc une durée limitée dans le temps. Elles subissent la loi universelle. Comme toute créature vivante, elles finissent par mourir.

Mais, d’un autre côté, nous savons que plusieurs régions de notre globe étaient habitées par des hommes depuis un nombre de siècles pour ainsi dire incalculable. Les monuments de la civilisation égyptienne remontent à plus de 8.000 ans. Mais, à cette époque ancienne, l’Égypte avait déjà parcouru une longue évolution. Elle était entrée dans l’âge des métaux. Or on a trouvé dans la vallée du Nil des silex éclatés et des silex taillés qui devaient être de beaucoup antérieurs au temps des premiers pharaons. Ces vestiges peuvent remonter à 150 ou 200 siècles.

Parmi les pays que nous avons énumérés plus haut, l’Égypte, la Tunisie (l’antique Carthage), le Pérou et le Mexique ont une population égale, ou parfois même supérieure, à celle qu’ils avaient dans l’antiquité. Rien ne prouve que cette population ira en diminuant. Il est donc presque certain que ces pays seront encore habités par des hommes dans 150 ou 200 siècles. Tant qu’un cataclysme astronomique (fort peu probable) ne se produira pas et tant que les conditions géologiques de notre planète ne se seront pas trop modifiées, il n’y a aucune raison de croire que notre espèce cessera d’exister. Puisque les sociétés humaines dureront donc encore un temps qui échappe à toute prévision, on n’est pas en droit de dire que leurs jours sont limités. Ainsi donc, on peut affirmer également et que les nations meurent et qu’elles ne meurent pas.